2-12 mars 2020 : Projet de dégagement de deux poternes à Karnak

Groupe

L’équipe franco-égyptienne © CFEETK / E. Saubestre

Lors d’une mission à Karnak en février 2017, notre attention a été attirée par une série de graffiti démotiques gravés sur les faces internes d’une poterne située dans le secteur sud-ouest de l’enceinte d’Amon. Cette porte, encore enterrée sur plus de 2 mètres, est associée à une seconde poterne, plus petite et entièrement remplie de déblais. Nous avons donc lancé le projet de dégager ces deux installations, originellement insérées dans une enceinte en briques crues, afin de vérifier si leurs parois comportaient d’autres inscriptions.

Des images d’archives ont permis de constater que la zone avait été entièrement dégagée au début du XXe siècle et nivelée dans les années 1947-1948 : notre travail a consisté essentiellement en un déblaiement des deux poternes.

Le chantier, mené avec le soutien du laboratoire HALMA UMR 8164 et du CFEETK USR 3172, a duré une dizaine de jours ; l’équipe était constituée de 6 ouvriers, de 2 inspectrices, ainsi que de 4 anciens ou actuels étudiants ou membres de l’Université de Lille : Jérémy Hourdin (ingénieur de recherche CNRS, CFEETK), Florie Pirou (dessinatrice, archéologue), Eugénie Poquet (doctorante allocataire, Université de Lille) et Ghislaine Widmer (MCF, Université de Lille, directrice de la mission). Si aucune nouvelle inscription démotique n’a été trouvée, les remblais, qui contenaient de nombreux tessons de céramique (Late-Roman / Coptic period), ont livré quelques fragments de blocs décorés ou épigraphiés. Les deux poternes ont révélé, comme on pouvait s’y attendre, un pavement dallé.

               

Ce projet, qui devrait se poursuivre l’année prochaine, a permis d’entreprendre la documentation de ces installations, qui avaient jusqu’ici peu attiré l’attention des spécialistes. Vraisemblablement édifiées entre la XXVIe et la XXXe dynasties (VIIe – IVe siècle avant J.-C.), leur fonction première reste encore aujourd’hui méconnue. À l’époque ptolémaïque, la plus grande semble avoir servi de lieu de réunion, privé ou cultuel, comme en témoigne la présence d’une dizaine de graffiti démotiques.

         

 L’équipe « lilloise » © CFEETK / E. Saubestre

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