Ile de Saï

Île de Saï (Soudan)

Les premières fouilles sur l’île de Saï remontent au milieu du XXe siècle : après le bref passage d’Anthony John Arkell en 1948, Jean Vercoutter, pour le compte de l’Université de Lille, décida d’y entreprendre des travaux dès 1954 et n’interrompit ceux-ci que pour répondre à l’appel lancé par l’UNESCO pour le sauvetage des monuments de la Nubie (sites de Mirgissa et d’Aksha). Dès 1993, la direction de la fouille de l’île de Saï fut confiée à Francis Geus, Maître de conférences à l’Université de Lille 3, qui obtint la concession archéologique de toute l’île. Les travaux sur ce site se poursuivirent alors sans interruption jusqu’à son décès, survenu le 12 janvier 2005. À la demande du Dr. Hassan Hussein Idriss, Directeur général du Service des Antiquités du Soudan, qui était désireux de voir l’Université de Lille 3 continuer ses recherches sur le site, Didier Devauchelle a accepté, dès 2005, d’assurer la responsabilité administrative de ce chantier, le temps qu’un spécialiste français ait le statut administratif nécessaire pour prendre la relève.

Les rives du Nil à Saï

a première campagne de la nouvelle équipe a eu lieu du 25 novembre au 24 décembre 2005, grâce à l’obtention exceptionnelle de quatre missions accordées par le Ministère français des Affaires Étrangères et Européennes (MAEE). Grâce à ce financement, et avec l’aide de la SFDAS, Yves Lecointe, alors responsable du chantier, a pu ouvrir la maison de Saï pendant un mois et permettre aux collègues étrangers — les équipes de Philip Van Peer (KULeuven), d’Elena Garcea (Université de Cassino) et d’Elisabeth Hildebrand (Département d’Anthropologie de l’Université de Washington) — de poursuivre leurs travaux archéologiques. Au printemps 2006, Florence Doyen, collaboratrice scientifique à l’Université Libre de Bruxelles, a succédé à Yves Lecointe, assurant la fonction de responsable du chantier. La fouille de la ville du Nouvel Empire a pu reprendre là où Jean Vercoutter et Michel Azim l’avaient laissée en 1981, ainsi que les travaux archéologiques sur les monuments d’époque méroïtique, sous la responsabilité de Vincent Francigny. Quant à la publication de la nécropole du Nouvel Empire, elle est sur le point de paraître à l’IFAO sous la plume d’Anne Gout et de Florence Thill. Enfin, les collaborateurs étrangers ont eu la possibilité de poursuivre ou d’achever leurs différents programmes et de nouveaux collègues ont été intégrés, parmi lesquels Julia Budka. Cette dernière est aujourd’hui responsable du projet Across ancient borders and cultures : An Egyptian microcosm in Sudan during the 2nd millennium BC de l’ERC (Starting Grant Proposal No. 313668), dans lequel la Mission de l’île de Saï est le premier partenaire.

Le travail sur l’île de Saï va donc pouvoir se poursuivre, sous la responsabilité de l’Université de Lille 3 et de l’UMR 8164 HALMA-IPEL, avec, non seulement, la fouille de la ville du Nouvel Empire et l’étude de la nécropole et du temple dans le cadre du projet Across ancient borders and cultures, mais aussi les recherches sur l’occupation de l’île aux époques néolithique, méroïtique et chrétienne.

Pour plus de détails sur les travaux 2005-2010, voir le CRIPEL 29 (2011-2012) et l’Avant-propos, téléchargeable ci-dessous.

Les ruines de la ville du Nouvel Empire

 Voir aussi le site de la SFDAS et la page sur les activités archéologiques des acteurs de l’Association Egyptologica.

Avant-propos CRIPEL 29

➤ Page Activités archéologiques et épigraphiques